Archives Mensuelles: mars 2012

Projet d’épisode – Patates pourries

 Dans une cave sombre et humide, des Patates pourries ont été abandonnées… elles reviennent à la vie, et le cauchemar commence : les Patatoïdes ont leurs zombies, et ils ne sont pas contents.

 Qui saura leur faire entendre raison ?

 Tout commence dans une cave moisie, où même les araignées s’em…nuient au-delà du supportable… Et dans cette cave, près du champ qui ont vu naître les patatoïdes mutants Patateman et Patategirl, se trouvent remisés (oubliés) de gros sacs remplis de pommes de terre pourries, irrécupérables (diététiquement parlant).

 Et un soir de pleine lune… l’un des patatoïdes ouvre un œil torve… puis l’autre œil. Et… d’un pas traînant, il va regarder le clair de lune depuis l’entrée de la cave. Il reste là un bon moment, dans une attitude de léthargie contemplative, et amorphe. Puis, fixant la lune, l’illumination pointe dans sa caboche moisie : il est le premier patatoïde putride doué de conscience.

 Faisant péniblement demi-tour, il va d’un pas traînant – il ne peut pas courir – haranguer d’une voix pâteuse les pommes de terre entassées dans les sacs.

« _ Frère Moisis… le destin a été ingrat avec nous. On nous jette dans des sacs, dans des poubelles, on finit dans l’estomac des cochons de ferme, les mouches dansent sur nos semblables… Cette situation indigne est inadmissible, et nous ne pouvons pas, nous ne devons pas accepter de nous soumettre à cette fatalité cruelle et arbitraire !

 Alors, parce que nous sommes moisis, nous devons être traités impitoyablement ? Nous devons courber l’échine devant toutes les persécutions sans riposter ? Se résigner au mépris humiliant des Tout Frais ?! »

 Les sacs commencent à trembloter, signe que cela s’agite à l’intérieur.

« _ Nous aussi, nous avons des sentiments ! Nous aussi, nous avons des droits ! Depuis d’innombrables générations de Patates pourries, on nous humilie, on nous piétine ! Les Tout Frais semblent oublier qu’ils seront un jour comme nous ! Moisis, pour les siècles des siècles !

 Etre Moisi est noble, mes Frères, regardez les bons vins ! Regardez les bons gros fromages odorants, coulants, avec lesquels les Tout Frais se goinfrent ! Frères Moisis, soyez fiers de vos taches verdâtres et humides, de votre teint boueux, de vos trognes toutes molles, du chapelet de mouches autour de votre caboche collante ! Car la moisissure est la grande Porte incontournable vers l’immortalité.

 Car les choses changent. Pour la première fois depuis des éons, les Patates ratatinées de moisissure que nous sommes s’élèvent magnifiquement à la conscience de leur Être. C’est un Signe. Nous sommes les Elus. Surtout moi. »

 Les sacs se renversent, des premiers patatoïdes se lèvent péniblement, et commencent à se rassembler autour de l’Orateur.

« _ Levez-vous, Frères Moisis ! Prenons en main notre Destin ! Je suis votre Messie Moisi. Je vais vous guider vers la réalisation de tous nos rêves les plus grandioses, de nos ambitions les plus somptueuses ! Grouillez-vous un peu d’ailleurs, on ne va pas y passer la nuit.

 Qu’on nous donne ce que nous voulons, et nous arrêterons les baffes. QU’ON NOUS DONNE CE QUE NOUS VOULONS, ET NOUS ARRETERONS LES BAFFES ! »

 Rassemblés en une grosse foule flageolante autour de leur Messie, les patatoïdes moisis dodelinent de la tête, peu habitués à l’action. Quand à la réflexion, leur Messie s’en charge. Puis, emboîtant le pas au Messie Moisi, tout ce petit monde pourri sort d’un pas trainant, un peu collant, de la cave. Les yeux du Messie Moisi émettent une lueur rougeoyante. Il n’est pas content.

 Tous scandent, extatiques : « Donnez-nous ce que nous voulons, et nous arrêterons les baffes ! »

 Les premiers malchanceux à les croiser sont une troupe de Doryphores en maraude. Ils subissent une raclée mémorable, puis se carapatent à toutes pattes, nostalgiques des coups de pied au cul plus doux de Patateman…

 Enhardies, les Patates pourries, leur Messie Moisi en tête, émettent une lueur inquiétante, agressive. Leur Pouvoir grandit, et ils ne sont vraiment pas contents.

 Un silence de mauvais augure se met à peser, telle une épaisse chape de plomb. Les oiseaux cessent de gazouiller, les vers luisants préfèrent s’éteindre, les chouettes se font encore plus silencieuses que de coutume, les grillons la ferment, la lune prend une lueur rougeâtre, hémoglobinesque, qui ne laisse présager rien de bon…

 Après avoir peint sur un mur de grange, en un rouge agressif, leur revendication « Donnez-nous ce que nous voulons, et nous arrêterons les baffes ! », le Messie Moisi et ses Fidèles tout aussi moisis se dirigent dans les sous-bois. Tout droit vers la maison de Patateman.

 Suite possible : s’en prendre à Patateman, Patatras et ses potes n’est pas une aussi mince affaire que de rosser quelques Doryphores. Mais entre Patates… le dialogue est toujours possible. Ou pas ?

– Peut-être prévoir une scène pleine d’émotion où l’on verra que les Patatoïdes, même pourris, sont des êtres humains sensibles, après tout ?

– Mais que veulent-ils, les Patatoïdes moisis ?

– Patateman sauvera-t-il le monde (pour une fois) ?

 Voilà le script dans les grandes lignes. Vos avis, suggestions ? Laissez un commentaire ci-dessous !

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